Poésies d’amour, poésies sensuelles, poésies de l’abandon

De Andrea Mucciolo

Traduction de Daniela Manna


Haiku japonais


Nous deux

On reste ici,
Dans la merveilleuse étreinte
De nos corps.
On reste ici,
Immobiles attendant
Le trépas
Qui sanctifie pour l’éternité
Notre union.

Aridité

Dans le pré récemment arrosé
Mes pensées immergées dans les tiennes,
Mon corps humecté de ta peau 
Je m’imprégnais de ta sensualité, 
J’abreuvais ma joie de la tienne. 
Puis, la sécheresse de ton âme arriva,
Je n’étais plus irrigué de ta passion,
Comme le grain d’été
Je me desséchais au soleil,
Ton cœur racorni
Bien que, de moi arrosé.


Cabrioles de sourires

Je voudrais vivre dans un rêve,
Qui ne dure pas
L’espace illusoire d’une nuit
Mais qui persiste
Dans le marbre dur
D’une vie entière,
Qui surmonte le mur
Des hivers de l’âme

Cabrioles de sourires
Qui anéantissent
Ce spasme du cœur

Coucher du soleil

Comme le soleil qui disparaît 
À l’horizon de l’océan,
Je devine ton souvenir
Qui me frôle la peau,
Qui me brûle,
Le crépuscule éternel
De ton amour.

Réflexions d’un après-midi de soleil

Dans les réflexions d’un après-midi de soleil
Je pense à toi, un goût de fiel sur les lèvres,
j’éprouve du ressentiment.
Une tiédeur réchauffe ma peau
Mais mon cœur,
Reste glacé
Dans ce regret antarctique.


Tu n’étais pas la seule

Tu n’étais pas la seule
vraiment belle.
Tu n’étais pas la seule
Sympathique.
Tu n’étais pas seulement
Habile et intelligente.
D’autres comme toi
J’en aurais trouvées à millions.
Mais toi seulement
Tu étais la seule qui m’aimait
Et moi seul,
Le cœur sourd
L’esprit obtus
L’âme froid,
J’arrivait à ne pas entendre
L’aimable
Et tant recherché
Vrai Amour.

Paroles

Je déteste les paroles
Parce qu’elles font rêver
Parce qu’elles ne maintiennent jamais
Ce qu’elles promettent.
Je déteste
Toutes les paroles
Qui font souvenir,
Parce qu’elles volent au futur
Et nous laissent ancrés
A un passé de remord.
Je déteste les paroles
Que tu me dis ce jour-là à la mer
Parce que ce n’étais pas toi qui parlais
Mais la mer abyssale
Le soleil impérieux
La plage ensoleillée
Le rire des enfants,
Tout ceux-là parlaient.
Je déteste toutes les paroles
Sauf celles
Qui ne se disent pas,
Parce qu’elles font parler
Un cœur amoureux
Un âme sincère
Un esprit intelligent
La poésie du monde
L’affection d’un chien
Une fleur d’hiver
Un baiser profond 
Le jour après la nuit
La vie après la mort,
Tout cela les paroles laissent parler.
Je ne voudrais pas qu’aux paroles
Suivent les faits
Mais qu’au fait accompli
Suivent les paroles
Inutiles
Mais inoffensives.


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